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Serveur en panne : la sauvegarde permet-elle de tout récupérer ?

Oui pour tout ce qui était dans la dernière sauvegarde, à condition d'avoir deux copies indépendantes (une sur place, une hors du cabinet) et d'avoir déjà testé leur restauration. Non pour ce qui a été créé depuis cette dernière sauvegarde : ces données ne sont que sur le serveur en panne. On peut souvent les rattraper sur l'ancien disque, s'il est encore lisible et qu'on ne l'a pas abîmé en voulant le réparer. Et une restauration complète prend des heures, pas des minutes.

Par Nasir Moxamed, Fondateur de DeepITMis à jour le

Le scénario en bref

Exemple, inventé pour illustrer. Un lundi à 7 h 40, dans un cabinet dentaire fictif. Le serveur qui fait tourner le logiciel de radiologie est une machine virtuelle (un ordinateur « logiciel » hébergé sur un serveur physique). Pendant le week-end, une mise à jour Windows s'est installée. Ce matin, la machine ne démarre plus : elle affiche l'écran de récupération de Windows avec un code d'erreur.

Ce code correspond, dans la documentation de Microsoft, à un fichier corrompu et illisible. Les postes du cabinet n'affichent plus les radios. La dernière sauvegarde complète date de la semaine précédente.

Voici, étape par étape, ce qu'un technicien fait dans ce cas, pourquoi, et le piège à éviter à chaque fois. Les durées données sont des ordres de grandeur pour cet exemple, pas des mesures.

ÉtapeCe qu'on faitLe piège
1. ProtégerCopier le disque de la machine avant toutRéparer directement la seule copie des données récentes
2. RéparerTenter de réparer Windows sans le démarrerS'acharner au lieu de passer au plan B
3. RestaurerRemettre la machine de la semaine passée, à côtéRestaurer par-dessus l'original
4. RattraperRécupérer les fichiers créés depuis la sauvegardeCopier une base de données ouverte
5. VérifierContrôler Windows et ouvrir une radio récenteDéclarer « c'est réglé » sans test réel

Étape 1 : avant de toucher à quoi que ce soit, copier le disque

Ce qu'on fait. On éteint la machine virtuelle (elle est bloquée sur l'écran de récupération), puis on copie son disque (un gros fichier qui contient toute la machine) vers un autre emplacement, ou on crée un point de contrôle (une photo de l'état du disque, qui permet d'y revenir).

Pourquoi. Ce disque en panne contient la seule copie de tout ce qui a été fait depuis la dernière sauvegarde : les radios de la semaine, les rendez-vous, les notes. Toute réparation écrit sur le disque. Si elle tourne mal, ces données peuvent être perdues pour de bon.

Le piège. Lancer tout de suite un outil de réparation « pour gagner du temps ». Microsoft le rappelle d'ailleurs : un point de contrôle n'est pas une sauvegarde complète. Il sert ici de filet pour revenir en arrière, la vraie copie de sécurité reste la copie du fichier.

Étape 2 : tenter de réparer Windows sur place

Ce qu'on fait. On démarre la machine dans le mode de récupération de Windows (il s'ouvre tout seul après deux démarrages ratés). De là, on lance les outils de réparation intégrés à Windows, sans démarrer Windows lui-même : ils contrôlent les fichiers du système et remplacent ceux qui sont abîmés, à partir d'une copie saine de Windows.

Pourquoi. Si la réparation réussit, le cabinet repart avec ses données du jour, sans rien restaurer. C'est la voie la plus rapide quand elle marche.

Dans notre exemple, elle échoue : Windows ne démarre toujours pas. On revient alors proprement à l'état d'avant la tentative (le point de contrôle ou la copie de l'étape 1), pour ne pas laisser un disque à moitié modifié.

Le piège. Enchaîner les tentatives pendant des heures pendant que le cabinet attend. Il faut se fixer une limite de temps, puis passer au plan B : la restauration.

Étape 3 : restaurer la machine depuis la sauvegarde, à côté de l'originale

Ce qu'on fait. On restaure la machine virtuelle de la semaine précédente depuis la copie hors site (stockée hors du cabinet). On la restaure sous un autre nom, à côté de la machine en panne, jamais par-dessus.

Pourquoi à côté. La machine en panne contient encore les données récentes (étape 4). Si on écrase son disque avec la sauvegarde, elles disparaissent. On ne supprime l'ancienne machine qu'à la toute fin, une fois tout vérifié.

Ce qui prend du temps :

  • La taille du disque. Toute la machine doit être recopiée, pas seulement les fichiers utiles.
  • Le débit. Une copie hors site arrive par la connexion internet du cabinet ou du centre de données ; une copie sur place, par le réseau local, va beaucoup plus vite.
  • La vérification. On contrôle que la machine restaurée démarre et que ses fichiers sont lisibles avant de la remettre en service.

Dans cet exemple, pour une machine de l'ordre de 150 Go restaurée depuis une copie hors site, comptez plusieurs heures. C'est un ordre de grandeur hypothétique : la durée réelle dépend de la taille, de la connexion et de l'outil de sauvegarde. La seule façon de la connaître pour votre cabinet est de l'avoir mesurée lors d'une restauration d'essai.

Le piège. Découvrir le jour de la panne que la restauration prend une journée, ou que la sauvegarde « réussie » ne se restaure pas. Une sauvegarde qu'on n'a jamais restaurée n'est pas une preuve.

Étape 4 : rattraper ce qui a été créé depuis la dernière sauvegarde

Ce qu'on fait. La machine restaurée date de la semaine passée. Il lui manque tout ce qui a été fait depuis. Sur le serveur physique, on ouvre l'ancien disque en lecture seule et on y récupère les fichiers récents : base de données du logiciel, radios, documents.

Pourquoi en lecture seule. Rien ne peut alors modifier l'ancien disque pendant la copie. Si on se trompe, il reste intact et on peut recommencer.

La copie « à froid ». Une base de données ne se copie pas comme un simple fichier pendant qu'elle travaille. Sur la machine restaurée, on arrête le service de la base de données avant de remplacer ses fichiers par les versions récentes, puis on le redémarre. Copier une base ouverte donne une copie incohérente, qui peut refuser de s'ouvrir ou perdre des enregistrements. Pour un logiciel métier, on suit la procédure de son éditeur, et on le fait vérifier par lui si nécessaire.

Le piège. Croire que la sauvegarde contient tout. Elle ne contient que ce qui existait au moment où elle a été faite. Sans cette étape, une semaine de radios manquerait.

Exemple inventé, la ligne du temps. 1 : dernière sauvegarde, la semaine passée. 2 : les données créées depuis (radios, rendez-vous, notes) ne sont que sur le disque du serveur ; la sauvegarde, elle, est vide pour cette période. 3 : la panne, lundi à 7 h 40. 4 : on restaure une nouvelle machine à côté depuis la sauvegarde, puis on y rattrape les données créées depuis, copiées de l'ancien disque. À retenir : la sauvegarde rend ce qu'elle contient ; ce qui a été créé depuis se rattrape sur l'ancien disque, s'il est encore lisible.

Étape 5 : vérifier que Windows est sain, puis tester avec l'équipe

Ce qu'on fait. Sur la machine restaurée, désormais démarrée, on lance les outils de réparation intégrés à Windows et on lit leur rapport pour voir ce qui a été trouvé ou corrigé.

Puis le contrôle qui compte : avec une personne du cabinet, on ouvre une radio prise ce matin ou la semaine dernière, on vérifie qu'elle s'affiche sur les postes et que les derniers rendez-vous sont là. Une machine qui démarre ne prouve pas que les données sont complètes.

Le piège. Remettre tout de suite la même mise à jour sur la machine restaurée. On la diffère le temps de comprendre ce qui a abîmé le disque, et on garde la machine en panne jusqu'à ce que tout soit validé.

Que faire quand un serveur Windows ne démarre plus après une mise à jour ?

D'abord copier le disque avant toute réparation. Ensuite tenter une réparation depuis le mode de récupération de Windows, avec ses outils intégrés. Si elle échoue, restaurer la dernière sauvegarde à côté de la machine en panne, puis récupérer les données récentes sur l'ancien disque (détail aux étapes 1 à 5 ci-dessus).

Combien de temps prend une restauration complète d'un serveur ?

Des heures, rarement des minutes. Le temps dépend de la quantité de données, de l'endroit d'où on restaure (sur place ou hors site), du débit de la connexion et du temps de vérification. Ajoutez le rattrapage des données récentes et les tests avec l'équipe. Le bon chiffre est celui que vous avez mesuré lors d'une restauration d'essai : c'est lui qui dit combien de temps votre cabinet peut rester sans son logiciel.

Les données créées depuis la dernière sauvegarde sont-elles perdues ?

Pas forcément, mais elles ne sont pas dans la sauvegarde. Si le disque d'origine est encore lisible (une panne de Windows, pas un disque détruit), on peut souvent les récupérer dessus, comme à l'étape 4. Si le disque est détruit, chiffré par une attaque ou volé, ce qui a été fait depuis la dernière sauvegarde est perdu. Plus les sauvegardes sont fréquentes, plus cette perte possible est courte.

Sauvegarde, RAID, réplication : quelle différence ?

ProtectionContre quoiCe qu'elle ne fait pas
RAID (plusieurs disques en miroir dans le serveur)La panne d'un disqueElle recopie aussi les erreurs, les effacements et les fichiers chiffrés par une attaque
Réplication (une copie tenue à jour sur un autre serveur)La panne d'un serveur entierElle recopie aussi les dégâts, quelques minutes après
Sauvegarde (des copies datées, gardées dans le temps)La corruption, l'erreur, l'attaque, le sinistreElle ne contient pas ce qui a été créé après la dernière copie

Seule la sauvegarde permet de revenir à hier ou à la semaine passée. RAID et réplication aident à rester en marche, ils ne remplacent pas la sauvegarde.

RPO et RTO, en clair

  • RPO (perte de données acceptable) : jusqu'à quel moment dans le passé on doit pouvoir revenir. Une sauvegarde par nuit veut dire qu'on accepte de perdre, au pire, une journée de travail. Dans l'exemple, la dernière sauvegarde complète datait d'une semaine : c'est une semaine de travail qu'il a fallu rattraper à l'étape 4.
  • RTO (durée d'arrêt acceptable) : combien de temps le cabinet peut rester sans son système avant que cela devienne un vrai problème pour les patients et l'activité.

Ces deux chiffres se décident avant la panne, avec votre prestataire. Ils disent à quelle fréquence sauvegarder et quelle copie doit être rapide à restaurer.

Ce que cet exemple apprend

  • Deux copies indépendantes. Une sur place, pour restaurer vite. Une hors du cabinet, pour l'incendie, le vol ou l'attaque. C'est la règle dite 3-2-1 : trois copies, sur deux supports différents, dont une hors site.
  • Une sauvegarde « réussie » ne prouve pas qu'on peut restaurer. Seule une restauration d'essai le prouve.
  • Une restauration réelle prend des heures. Mieux vaut le savoir avant la panne.
  • Il faut un plan pour les données récentes. Ce qui a été fait depuis la dernière sauvegarde se rattrape sur l'ancien disque, quand il est encore lisible, et jamais par-dessus.

Vérifier votre propre sauvegarde en 5 questions

  1. Qu'est-ce qui est sauvegardé exactement, et le serveur entier (pas seulement des dossiers) en fait-il partie ?
  2. Y a-t-il une copie sur place et une copie hors du cabinet ?
  3. À quelle fréquence ? Combien de travail perdriez-vous au pire ?
  4. Quand a eu lieu la dernière restauration d'essai, et combien de temps a-t-elle pris ?
  5. Qui fait quoi le jour de la panne, y compris pour récupérer les données récentes ?

Ce que DeepIT fait

Chez les cabinets dont nous gérons l'informatique, nous mettons en place une sauvegarde hors site, suivie par notre équipe, dans le cadre de la gestion informatique externalisée. Nous vous aidons à faire la liste de ce qui doit être sauvegardé et à préparer ce qui se passe le jour d'une panne. Voir aussi nos pages cabinets dentaires et informatique médicale.

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