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Faux SMS de bpost, d'itsme ou de la banque : que dire à son équipe ?

Dites-leur trois choses simples. Un SMS qui presse, ou qui demande de payer, de « réactiver » ou de confirmer quelque chose, est suspect par principe. On ne clique jamais sur son lien : on passe par l'application ou le site qu'on connaît. Et on le signale sans honte, par une capture d'écran envoyée à [email protected]. Si quelqu'un a déjà donné sa carte ou ses codes, chaque minute compte : Card Stop (078 170 170) et la banque d'abord.

Par Nasir Moxa, Fondateur de DeepIT

Pourquoi en parler à toute l'équipe

Les faux SMS ne visent pas seulement les particuliers. Le téléphone de l'accueil, le GSM professionnel du gérant ou celui d'une assistante reçoivent les mêmes messages que tout le monde. Et dans une entreprise, un seul clic peut coûter de l'argent, ou ouvrir l'accès à un compte.

Deux mots pour être clair. Le phishing (en français, hameçonnage) est un faux message qui imite une organisation de confiance pour vous faire cliquer, payer ou donner vos codes. Quand il arrive par SMS, on parle de smishing.

Les chiffres belges donnent l'échelle. Ils viennent du dossier 2025 de Febelfin, la fédération des banques, qui reprend aussi les données de Safeonweb, le service du Centre pour la Cybersécurité Belgique :

  • Près de 26 000 signalements par jour de messages suspects à Safeonweb, soit environ 9,5 millions par an.
  • 49 millions d'euros détournés par phishing en 2024.
  • 75 % des virements frauduleux détectés, bloqués ou récupérés par les banques.
  • 13 % des Belges interrogés disent en avoir déjà été victimes.

Comment un simple SMS de colis devient une fraude

Exemple, inventé pour illustrer. Un mardi matin, la secrétaire d'un cabinet dentaire reçoit sur le téléphone de l'accueil un SMS « bpost » : un colis attend, il reste quelques euros de frais à régler pour le livrer. Le cabinet attend justement du matériel. Elle clique, arrive sur une page aux couleurs de bpost et tape la carte de débit du cabinet.

Le lendemain, un « employé de la banque » appelle. Des paiements suspects ont été repérés, dit-il, il faut les annuler en les confirmant dans itsme. En réalité, chaque confirmation valide un paiement vers l'escroc.

Ce second temps n'a rien d'imaginaire : Febelfin le décrit dans son dossier. Les victimes croient annuler des paiements suspects via itsme et approuvent en fait ceux du fraudeur. Febelfin note aussi que les fraudeurs convainquent de plus en plus souvent leurs victimes de faire elles-mêmes le virement. Le SMS n'est souvent que la porte d'entrée.

Les quatre étapes de l'arnaque, en exemple inventé : un SMS « bpost » réclame des frais de colis, une fausse page récupère la carte du cabinet, puis le lendemain un faux employé de la banque fait confirmer des paiements dans itsme, et chaque confirmation valide un paiement vers l'escroc.

Les faux SMS qui reviennent le plus, et ce que le vrai ne fait jamais

Le message dit venir deCe qu'il raconteCe que le vrai ne fait pas
bpostColis en attente, frais à payer, dernier délaibpost ne cherche jamais à vous stresser ni à vous menacer, et vous ne devez jamais donner votre code PIN ou votre numéro de carte à la suite d'un message
itsmeCompte bloqué, à réactiver ou à mettre à jouritsme ne vous contacte jamais par e-mail, SMS ou téléphone pour réactiver votre compte : tout se fait dans l'application
Votre banqueCarte qui expire, paiement suspect, compte à vérifierUne banque ne demande jamais vos codes bancaires, ni par SMS, ni par téléphone, ni par e-mail
Card StopCarte bloquée, rappelez ce numéroCard Stop ne demande pas vos codes non plus ; son numéro est le 078 170 170
Mutualité, INAMI, compagnie des eaux (SMS ou e-mail)Remboursement en attente, facture impayéeOn vérifie en se connectant soi-même à son espace en ligne, jamais par le lien reçu

Les messages au nom d'une mutualité ou de l'INAMI (surtout par e-mail) et d'une compagnie des eaux (par e-mail et par SMS) figuraient parmi les plus signalés à Safeonweb au premier semestre 2025, d'après la liste des dix messages les plus signalés que Safeonweb a publiée en août 2025 (reprise ici par Forum for the Future). Le logo, le nom familier et le ton officiel ne prouvent rien : ce sont justement les éléments que les fraudeurs copient.

Les cinq règles à donner à votre équipe

  1. Un message qui presse, c'est un signal d'arrêt. Délai de 24 heures, menace de blocage, petits frais à régler : l'urgence sert à vous empêcher de réfléchir. bpost le dit sans détour : si c'est urgent, c'est très probablement une arnaque.
  2. On ne clique pas sur le lien, on fait le chemin soi-même. Pour un colis, l'application My bpost. Pour la banque, son application ou son site tapé à la main. Pour itsme, l'application itsme.
  3. Codes, PIN, carte, confirmation itsme : jamais à la demande de quelqu'un. Une banque ne demande jamais vos codes. Et dans itsme, on ne confirme une action que si on l'a lancée soi-même : itsme explique que la fraude repose justement sur une demande que vous n'avez pas initiée.
  4. Un appel qui suit un SMS : on raccroche et on rappelle. On rappelle le numéro qu'on connaît (au dos de la carte, dans l'application de la banque), jamais celui donné par l'appelant ou par le message.
  5. On signale, sans honte. Une capture d'écran du SMS envoyée à [email protected] suffit, à condition que le lien soit visible : inutile de le recopier. Et on prévient la personne responsable au bureau.
Les cinq règles à donner à l'équipe face à un SMS : s'arrêter quand ça presse, faire le chemin soi-même au lieu de cliquer, ne jamais donner codes ou confirmation itsme à la demande de quelqu'un, raccrocher et rappeler le numéro connu, et signaler sans honte à suspect@safeonweb.be.

La cinquième règle compte autant que les autres. Une personne qui a peur d'être jugée se tait, et c'est ce silence qui transforme un clic en perte d'argent. Dites-le clairement : celui qui signale vite rend service à tout le monde, même s'il a cliqué.

Quelqu'un a cliqué : la marche à suivre

Selon l'enquête Febelfin, 39 % des 16-30 ans ne sauraient pas quoi faire après un phishing réussi, et 27 % des 31-79 ans. Febelfin insiste : la rapidité de réaction fait souvent la différence entre des pertes limitées et des dommages importants. Mieux vaut donc que la réponse soit connue avant d'en avoir besoin.

Ce qui s'est passéQuoi faire tout de suite
Clic sur le lien, rien saisiFermer la page sans rien remplir, prévenir le responsable, signaler le SMS à [email protected]
Numéro de carte ou code PIN saisiAppeler Card Stop au 078 170 170 pour bloquer la carte, puis la banque
Codes bancaires donnés ou confirmation itsme faiteAppeler la banque immédiatement, changer ses codes, contrôler les derniers mouvements
Mot de passe professionnel tapé (messagerie, logiciel du cabinet)Changer ce mot de passe tout de suite et prévenir la personne qui gère votre informatique
Argent partiLa banque d'abord, puis une plainte à la police, en gardant le SMS et les captures d'écran

Un point souvent oublié : le mot de passe professionnel. Un faux SMS peut mener vers une fausse page de connexion à la messagerie plutôt qu'à la banque. Si quelqu'un y a tapé son mot de passe, le compte doit être sécurisé le jour même, pas à la fin de la semaine.

Dans un cabinet de santé : trois précautions en plus

Dans un cabinet, les messages au nom de l'INAMI ou d'une mutualité paraissent naturels : on parle de remboursements toute la journée. Et le téléphone de l'accueil passe souvent de main en main. Quelques règles simples évitent la plupart des pièges.

  • Aucun paiement à partir d'un lien reçu par SMS, même de quelques euros : frais de colis, amende, abonnement. Un vrai paiement se fait depuis le site ou l'application qu'on connaît.
  • La carte du cabinet n'est jamais tapée sur une page ouverte depuis un message. Si un fournisseur attendu réclame vraiment quelque chose, on l'appelle au numéro qu'on a déjà.
  • Un seul nom pour les questions de sécurité. Chacun sait à qui montrer un message douteux, y compris les remplaçants et les stagiaires.

Dix minutes en réunion d'équipe, et c'est fait

Pas besoin d'une formation d'une journée. Un rappel court et concret, répété de temps en temps, vaut mieux qu'une longue présentation oubliée le lendemain.

  1. Montrer deux ou trois vrais exemples récents, tirés des avertissements publiés par Safeonweb.
  2. Lire ensemble les cinq règles ci-dessus, en insistant sur la dernière : on signale, sans honte.
  3. Afficher près de l'accueil une petite fiche avec [email protected], Card Stop au 078 170 170, le numéro de la banque et le nom de la personne à prévenir.
  4. Recommencer à chaque arrivée dans l'équipe, et deux fois par an pour tout le monde.
Le déroulé d'un rappel de dix minutes en réunion d'équipe (montrer des exemples, lire les cinq règles, afficher la fiche, recommencer), avec la fiche d'accueil : suspect@safeonweb.be, Card Stop au 078 170 170, le numéro de la banque et la personne à prévenir.

Ce sont des gestes simples, mais ils changent la réaction au moment où le message arrive. Le but n'est pas que votre équipe devienne experte : c'est qu'elle ait le bon réflexe. Ralentir, vérifier, signaler.

Préparer votre équipe aux faux messages→

Questions fréquentes

Comment savoir si un SMS de bpost est vrai ?

Ne vous fiez pas au message lui-même. Vérifiez votre colis dans l'application My bpost ou sur le site de suivi officiel de bpost, en y allant vous-même. bpost rappelle qu'elle ne cherche jamais à vous mettre la pression et qu'il ne faut jamais donner son code PIN ou son numéro de carte à la suite d'un message.

itsme peut-il m'envoyer un SMS pour réactiver mon compte ?

Non. itsme indique qu'elle ne vous contacte jamais par e-mail, SMS ou téléphone pour réactiver votre compte, mettre à jour vos données ou retaper vos coordonnées bancaires. Toute action se fait dans l'application. Et on ne confirme une demande dans itsme que si on l'a lancée soi-même.

Où signaler un faux SMS en Belgique ?

Envoyez une capture d'écran du SMS à [email protected], en veillant à ce que le lien soit visible : inutile de le recopier. Vous pouvez aussi prévenir l'organisation imitée : [email protected] pour bpost, [email protected] pour itsme.

J'ai cliqué sur le lien mais je n'ai rien rempli. Est-ce grave ?

Le risque tient surtout à ce qu'on saisit. Fermez la page sans rien remplir, signalez le message et prévenez la personne qui gère votre informatique, qui jugera s'il faut contrôler l'appareil. Si vous avez tapé un code, un mot de passe ou un numéro de carte, suivez sans attendre la marche à suivre de l'article.

Pourquoi un faux employé de banque appelle-t-il après le SMS ?

Parce que le SMS a souvent servi à récolter des informations qui rendent l'appel crédible. Febelfin constate que les fraudeurs convainquent de plus en plus souvent leurs victimes de faire elles-mêmes le virement, ou de confirmer une opération dans itsme. Le bon réflexe : raccrocher et rappeler sa banque au numéro qu'on connaît.

Faut-il sensibiliser toute l'équipe ou seulement l'accueil ?

Toute l'équipe. Chaque personne qui a un téléphone professionnel, ou qui lit ses messages au travail, peut recevoir ces SMS. L'accueil est simplement le poste le plus exposé, parce qu'il gère colis, paiements et appels.